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SANTE – SIDA:
La circoncision comme moyen de lutte contre le sida
Neena Bhandari et Mattias Creffier

SYDNEY, 30 juillet (IPS) - La circoncision masculine permettrait de réduire de 60 pour cent les risques de contamination au VIH/sida chez les hommes lors de rapports hétérosexuels, selon des études menées en Afrique du Sud, au Kenya et en Ouganda. L’OMS reste cependant prudente. La circoncision ne permet pas d’immuniser complètement les hommes porteurs du virus, rappelle avec vigueur l’Organisation.

Lors de la quatrième Conférence de l’International Aids Society, qui s’est tenue la semaine dernière à Sydney, en Australie, plusieurs chercheurs ont présenté les résultats de leurs études sur la circoncision comme moyen de lutte contre la propagation du VIH/sida. Le professeur Robert Bailey, de l’Université de l’Illinois, aux Etats-Unis, s’est montré particulièrement optimiste. Selon lui, la circoncision représente une nouvelle arme efficace contre la propagation du virus. "Si un médicament ou un vaccin s’était montré aussi efficace, les donateurs et les agences internationales se seraient battus depuis des années pour le rendre accessible", a-t-il déclaré à la tribune de l’International Aids Society. Ce chercheur américain dirige pour l’instant des essais cliniques au Kenya. Ses travaux se réfèrent notamment à une étude menée dans la région d’Orange Farm, en Afrique du Sud, qui avait déjà beaucoup fait parler d’elle. En 2005, une équipe internationale de chercheurs avait suivi 3.274 hommes, contaminés ou non par le VIH, ayant des rapports hétérosexuels dans ce bidonville situé à proximité de Johannesburg. Après dix-huit mois de recherches, ils ont constaté 20 nouvelles infections parmi les hommes qui étaient circoncis, contre 49 parmi ceux qui n’avaient pas subi d’ablation du prépuce. D’après cette étude, le ratio de protection qu’offre la circoncision serait de 60 à 75 pour cent. Pour l’instant, les résultats des études menées au Kenya et en Ouganda semblent aller dans la même direction. Début mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de réunir un panel d’experts afin de déterminer si elle devait, oui ou non, recommander l’usage de cette pratique dans la lutte contre la pandémie. Sur base de leurs conclusions, l’OMS et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) ont indiqué, dans un rapport conjoint publié fin mars, qu’il fallait désormais considérer la circoncision comme un moyen supplémentaire de réduire les risques de transmission hétérosexuelle du virus. La circoncision est une opération simple, qui consiste en l’ablation totale ou partielle du prépuce, laissant le gland du pénis à découvert. Elle était déjà pratiquée 2.300 ans avec Jésus Christ, dans l’Egypte ancienne. On estime que 20 pour cent des hommes à travers le monde sont circoncis pour des motifs culturels, religieux ou d’hygiène, afin de prévenir des infections, par exemple. Cette pratique est très répandue en Afrique de l’Ouest, par exemple, où la pandémie de sida a des proportions moins dramatiques qu’au sud du continent, ce qui semblerait confirmer, pour les chercheurs, l’efficacité de la circoncision comme moyen de lutte contre la propagation du virus. D’après l’Organisation mondiale de la santé, l’ablation du prépuce dans les pays où cette pratique est peu courante pourrait éviter, au cours des vingt prochaines années, 5,7 millions de nouvelles contaminations et 3 millions de décès liés au sida. L’institution reste cependant prudente, car l’impact de la circoncision sur les femmes et les rapports homosexuels doit encore faire l’objet d’études plus approfondies. En outre, les hommes porteurs du virus ne doivent pas se croire complètement immunisés, prévient l’OMS. D’autres moyens de prévention, comme l’usage du préservatif, restent indispensables. L’organisation ne voudrait pas non plus que les efforts en vue de promouvoir la circoncision se fassent au détriment des campagnes et des programmes d’accès aux médicaments antirétroviraux, qui permettent d’améliorer la vie des malades. Mais pour Robert Bailey, les services de circoncision masculine doivent être rendus financièrement accessibles et leurs conditions sanitaires doivent être assurées le plus rapidement possible. "Si la circoncision n’est pas pratiquée en milieu hospitalier, mais chez un praticien traditionnel, il y a 35 pour cent de chance d’avoir des complications", a-t-il précisé. « A l’hôpital du district de Bungoma, à l’ouest du Kenya, par exemple, les risques de complications sont toujours de l’ordre de 18 pour cent. En utilisant du matériel stérilisé, ces risques pourraient être ramenés à 1,7 pour cent », a-t-il ajouté. (FIN/IPS/2007) MDG6