Recherche  
Testez notre abonnement
Modifiez votre compte
  Politique
  Population
  Développement durable
  Environnement
  Minorités
 
  Monde/ONU
  Afrique
  Amérique latine
         et Caraïbes
  Asie
  Moyen-Orient
  Amérique du Nord
  Belgique
 
  ANGLAIS
  ESPAGNOL
  SUEDOIS
  ITALIEN
  ALLEMAND
  SWAHILI
  NEERLANDAIS
  ARABE
  FINNOIS
  PORTUGAIS
  JAPONAIS
00:32 GMT
PrintDit artikel doormailen

CLIMAT-CUBA:
Construire avec à l’esprit le prochain ouragan
Patricia Grogg

LA HAVANE, 20 octobre (IPS) - Le principal défi que pose le changement climatique pour l'architecture à Cuba est que les habitants eux-mêmes devraient pouvoir adapter et préparer leur maison aux difficultés rencontrées dans cette nation insulaire en proie aux ouragans, a déclaré Dania González, un professeur d'architecture.

Cuba a une grande pénurie de logements, aggravée par l'impact des ouragans comme Ike, Gustav et Paloma, qui ont endommagé plus de 647.000 maisons en 2008, y compris près de 85.000 habitations qui se sont totalement effondrées, comme faisant partie des pertes économiques estimées à 10 milliards de dollars.

La plus grande intensité des tempêtes - prévue comme un effet direct des changements climatiques combinée à la diminution progressive de la construction de logements depuis 2007 et l'état de délabrement de nombreuses unités de logement - menace d'aggraver le problème.

La situation du logement dans ce pays de 11,2 millions d’habitants a été évaluée dans le recensement réalisé en septembre, dont les résultats n'ont pas encore été publiés.

Le recensement précédent, réalisé en 2002, a enregistré 3.534.327 unités de logement qui abritaient en moyenne trois personnes chacune, et a révélé que 15 pour cent de toutes les maisons dans les zones urbaines et 38 pour cent dans les zones rurales étaient en mauvais état.

Au-delà de ces problèmes qui nécessitent d’importants investissements pour être résolus, les changements climatiques exposent Cuba non seulement à plus d'ouragans destructeurs, mais aussi à des températures plus élevées, des sécheresses récurrentes et à des pluies intenses, alors que la montée prévue du niveau de la mer mettra en danger les zones côtières.

"Nous savons ce que constituent les menaces et les défis, et ce que nous devons faire, c’est de créer une architecture qui arrive à se transformer et s'adapter", a indiqué González, une architecte et la directrice des études supérieures à l'Institut supérieur polytechnique José Antonio Echeverra (CUJAE) à La Havane, la capitale cubaine.

Il n'existe pas une seule stratégie. "Dans des pays comme le nôtre, qui disposent de ressources limitées, vous devez penser à des solutions flexibles, transformables, changeables (et) adaptables - il n'y a pas une seule alternative qui vous permettra de vivre normalement dans un environnement naturel approprié", a-t-elle expliqué dans une interview accordée à IPS.

González a dit que les risques posés par un ouragan diffèrent en fonction de la zone urbaine. Dans les quartiers de vieux bâtiments délabrés densément peuplés de La Havane, par exemple, le plus grand danger, ce sont les inondations et les effondrements d’immeubles provoqués par de fortes pluies.

Mais dans d'autres parties de la capitale, où il existe plus d'espace entre les bâtiments, le plus grand danger, c'est le vent, qui peut atteindre des vitesses de 120 à 260 kilomètres par heure ou plus lors d'un ouragan. Dans ce cas, l'une des formes les plus fréquentes de dommages est la perte des toits.

Parfois, des bâtiments ressemblant à une forteresse sont construits, renforcés pour résister aux vents violents des ouragans, en particulier dans les provinces où les tempêtes sont plus fréquentes.

Mais des universitaires au CUJAE plaident pour des structures légères "bien situées et bien conçues", ainsi que pour des mesures supplémentaires si c’est nécessaire. Cependant, González a déclaré que "ce sont des problèmes qui ne peuvent pas être réglés de manière globale, parce que la solution dépend de l'endroit précis, de ce qui constitue le plus grand risque dans chaque cas".

Elle a expliqué que dans le cas des toits en surplomb, les habitants devraient pouvoir les plier ou les démonter. Et que dans le cas d'un treillis, ils devraient pouvoir mettre en place un panneau, pour maintenir le vent au dehors. En outre, les fenêtres devraient être hermétiquement fermées.

"Une architecture durable nécessite la flexibilité et l'adaptabilité, ce qui signifie que quand un ouragan arrive, le toit en surplomb peut devenir un mur qui nous protège", a indiqué González.

"Le niveau de risque dépend du contexte", a-t-elle dit, ajoutant que "la maison doit être vivable quotidiennement, mais aussi à l'abri des cyclones".

Pour les conditions météorologiques à Cuba, où les étés sont chauds et les niveaux d'humidité sont élevés durant toute l'année, une protection quasi-totale contre les rayons solaires directs et la pluie est nécessaire.

Cela signifie que l’aération naturelle dans les maisons est importante, ainsi que la lumière naturelle, provenant indirectement du soleil.

González a indiqué que les gens devraient puiser dans les meilleures traditions les plus intelligentes de Cuba et de l'architecture locale. "Amener le passé au présent et le réinterpréter en l'adaptant aux conditions actuelles est un autre défi", a-t-elle déclaré.

Mais c'est une question "d'apprentissage du passé, plutôt que d’y retourner", a-t-elle souligné.

"Le premier principe de notre meilleure architecture, avec des similitudes dans toute la région des Caraïbes, c’est la protection contre les rayons solaires", a-t-elle expliqué.

"Elle doit être une architecture qui fournit de l'ombre, de préférence l'ombre verte, parce que c'est le genre qui absorbe la chaleur. Il est question de protéger tout en ventilant au même moment autant que possible", a-t-elle ajouté.

(FIN/IPS/2012)