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11:57 GMT
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ENVIRONNEMENT-ST-KITTS:
Les îles Caraïbes se préparent aux défis du changement climatique
Desmond Brown

BASSETERRE (St-Kitts), 11 octobre (IPS) - Le Premier ministre, Dr Denzil Douglas, se souvient de comment cette petite fédération bi-insulaire Saint-Kitts-et-Nevis était calme – même peu mouvementée - pendant les quatre premières décennies de sa vie.

Mais au cours des 10 dernières années, Saint-Kitts-et-Nevis, ainsi que le reste des Caraïbes, ont vu des changements climatiques radicaux.

Il n'y a aucun doute dans l'esprit de Douglas que ces modifications ne soient les conséquences directes des changements climatiques.

"En grandissant, je ne savais rien des ouragans, (mais) au cours de la dernière décennie Saint-Kitts-et-Nevis a senti la colère des ouragans comme jamais auparavant", a déclaré Douglas, qui a été le chef du gouvernement ici pendant ces 17 dernières années.

Pourtant, les îles de Saint-Kitts-et-Nevis sont "à peine les seules" à connaître ces ouragans, a indiqué Douglas. "Nous pouvons seulement nous souvenir trop bien de la brutalité des (ouragans) Ivan et Emily" à la Grenade en 2004 et 2005, en dépit du fait qu'à l'époque, la Grenade était considérée comme "bien nichée en toute sécurité dans la partie située plus au sud de notre archipel", a-t-il dit à IPS.

En juillet 2005, l'ouragan Emily a tout détruit sur son passage à la Grenade, qui se remettait encore des ravages de l'ouragan Ivan l'année précédente.

Ceux qui vivent dans la région sont confrontés à des ramifications de multiples facettes et inquiétantes en raison des changements climatiques, a déclaré au public venu de toute la région, lors d'un séminaire sur les changements climatiques au début septembre, Douglas, qui a la responsabilité principale pour l'environnement et les changements climatiques dans le quasi-gouvernement de l'Organisation des Etats des Caraïbes orientales (OECO).

L'OECO est un groupe de neuf membres composé d'Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Anguilla et les îles Vierges britanniques sont des membres associés.

Douglas a souligné que les décideurs doivent passer à l'action, puisque les changements climatiques ont une dimension qui est à la fois urgente et existentielle.

"Nous sommes plus que jamais confrontés à la menace des sécheresses, des ouragans fréquents et sévères, à la diminution des stocks de poissons et à toutes les autres menaces qui reflètent si clairement la nature de l’existence de notre propre île", a expliqué Douglas.

Engager la communauté

Michael Taylor, de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), est d’accord avec Douglas sur la nécessité d'une action urgente, affirmant que la conférence à laquelle Douglas s’est exprimé était tout à fait opportune. Mais il a ajouté que bien que l’implication du gouvernement soit essentielle en termes de durabilité, la participation communautaire est encore plus importante pour la continuité.

"La formation des organisations de la société civile et des organisations non gouvernementales est essentielle dans la sensibilisation générale pour assurer la résilience effective des communautés et leur adaptation aux changements climatiques", a expliqué Taylor.

"A moins que la population locale comprenne parfaitement les enjeux et soit prête à prendre un engagement à participer activement, le succès peut être compromis", a-t-il dit.

En 2011, l'USAID a appuyé un atelier semblable à Sainte-Lucie qui a examiné les impacts climatiques liés à la gestion des ressources en eau. En conséquence, des initiatives nationales sont actuellement en train d’être mises en œuvre dans plusieurs pays des Caraïbes.

Elles comprennent Nevis, à travers l'élaboration d'une stratégie globale pour le secteur de l'eau; la récolte des eaux de pluie à Saint-Vincent; et la distribution d'eau dessalée fournie par osmose inverse aux ménages à Bequia.

Le commissaire de l’OECO à Saint-Kitts, Astonia Browne, a indiqué à IPS que comme la plupart des petits Etats insulaires en développement, les environnements des Etats membres de l'OECO et les défis auxquels ils sont confrontés sont caractérisés par leur petite zone géographique, leurs petites économies ouvertes, leurs infrastructures limitées et leur forte vulnérabilité aux catastrophes naturelles. Ces pays doivent trouver leur propre moyen de faire face à ces défis, puisqu’un financement externe est difficile à trouver.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques identifie la région des Caraïbes comme l'une des zones les plus vulnérables à être menacées par les impacts des changements climatiques au cours des 30 à 50 prochaines années. La région devra se battre avec des températures, plus de tempêtes tropicales, des zones humides et des basses terres côtières inondées, la montée du niveau de la mer, etc.

"Nous ne pouvons pas attendre que le monde développé détermine si nous survivons aux changements climatiques ou pas. Chacun de nous doit faire ce qui est en son pouvoir pour agir vers la réduction de nos vulnérabilités et le renforcement de notre résilience", a déclaré Browne.

(FIN/IPS/2012)