FEMMES-ONU: L’ONU lève les obstacles pour la création d’une agence des femmes
Thalif Deen NEW YORK, 03 juillet (IPS) - Après d'intenses négociations, l'Organisation des Nations Unies a réussi au
cours des derniers jours à lever les derniers obstacles pour la création d'une
agence distinctes pour les femmes. La semaine dernière, les négociations
piétinaient encore.
Les négociations étaient encore à l’arrêt à cause d’un désaccord entre
plusieurs Etats membres de l'ONU concernant la répartition géographique des
sièges au conseil d'administration de la nouvelle agence ainsi que sur la
manière dont la nouvelle agence pouvait suivre les progrès politiques dans
chaque pays.
Le conseil d'administration sera finalement composé selon un système
entièrement nouveau, une formule hybride avec d’un côté une répartition
géographique des sièges et de l’autre un groupe de bailleurs de fonds
composé des quatre plus grands pays donateurs qui contribuent le plus au
budget de l’agence et deux pays en voie de développement.
Le conseil d’administration aura la répartition suivante: dix sièges pour
l'Afrique, dix sièges pour l’Asie, quatre pour l’Europe de l'Est, six pour
l’Amérique latine et les Caraïbes et cinq sièges pour l'Europe occidentale
et autres groupes (WEOG). Pour les bailleurs de fonds, il y a en outre six
autres sièges.
ONU FEMMES
La nouvelle organisation sera tout simplement dénommée « ONU Femmes » avec
comme sous-titre : l’Union de l’ONU pour l'égalité des sexes et
l'autonomisation des femmes.
L'assemblée générale de l'ONU va mandater le secrétaire général Ban Ki-Moon
pour qu’il créé officiellement la nouvelle agence. A la tête de l’agence
sera nommé un secrétaire général adjoint.
L'ONU compte depuis des années des institutions spécialisées pour les
enfants, les réfugiés, l'environnement, la santé, la population, le tourisme
ainsi que toute une liste d'autres groupes et de problèmes spécifiques, mais
un organisme qui s’occupe spécifiquement de la subordination sociale des
femmes est une première.
Hybride
La nouvelle entité n'est ni un secrétariat, ni un fonds, ni même un
programme mais il s’agit d’une hybride dans lequel les quatre entités de
l'ONU concernant les genres seront regroupées en un seul endroit: l’agence
des Nations Unies pour développement de la femme (UNIFEM), le Bureau du
conseiller spécial pour l'égalité des sexes, la division des Nations Unies
pour la promotion de la femme et l'Institut international de recherche et de
formation pour la promotion de la femme (INSTRAW).
Charlotte Bunch, directrice du Center for Women's Global Leadership à
l'Université Rutgers, a été l'une des grands défenseurs de la création d'une
entité séparée des Nations Unies sur la problématique du genre. « Je suis
heureuse du résultat car nous voulions vraiment que l’agence soit aussi
hybride que prévue ».
Une autre avocate de la cause, Paula Donovan, co-directrice d’AIDS-Free
World, est également heureuse. « Quatre ans après que nous ayons lancé
l’idée, les États membres ont désormais officiellement décidé de changer la
petite structure insuffisante de l'ONU pour traiter des questions relatives
aux femmes. Au lieu de cela, ils ont jeté les bases d'une agence forte,
efficace, mature et féminin afin qu’elles soient traitées comme des
citoyennes de première classe et non des entités de deuxième zone parmi les
organismes des Nations Unies. »
Budget
Il est prévu que l’agence ONU Femmes ait un budget annuel de 500 millions de
dollars. Il s’agit d’un budget doublement plus élevé que les budgets
combinés des quatre entités actuelles des entités de l’ONU. Mais ce n'est
que la moitié de ce qui était demandé par la coalition internationale de
plus de trois cents ONG GEAR préconisant la création de l'entité
internationale féminine.
« Les plus gros obstacles pour la mise en œuvre vont être les fonds et le
leadership», a déclaré Charlotte Bunch. Il est désormais essentiel de nommer
une secrétaire-générale adjointe forte qui puisse obtenir le respect des
autres agences onusiennes et des bailleurs de fonds, précise-t-elle.