DROITS-SRI LANKA: Source d’espoir suite à la libération d’un journaliste tamoul
Adithya Alles COLOMBO, 12 mai (IPS) - Les organisations de droits civiques espèrent que la libération du journaliste sri-lankais Jayaprakash Tissainayagam amorce une nouvelle tendance dans le pays. Ce journaliste tamoul avait été condamné à 20 ans de prison mais a pu bénéficier d’une grâce la semaine dernière signée par le Président Mahinda Rajapaksa.
Selon les organisations locales de droits civiques, la libération de Jayaprakash Tissainayagam est à mettre en relation avec le contexte de ces dernières semaines dans le pays où le peuple sri-lankais aspire à plus de libertés et de droits.
Plus de liberté
Chulavangsha Sirilal de l’organisation Free Media Movement, un mouvement qui milite pour les droits des médias locaux, a noté certains points importants dans les déclarations au Parlement du ministre des Affaires étrangères Gamini Peiris. Peiris a confirmé la volonté du gouvernement de mettre fin à l’état d’urgence et aux mesures spécifiques limitant gravement les droits fondamentaux qui sont d’application dans le pays.
Selon Peiris, ces mesures strictes étaient nécessaires pour lutter contre les activités terroristes des rebelles tamouls mais elles ne sont plus nécessaires aujourd’hui. Un certain nombre de lois va être supprimé comme celle exigeant des propriétaires d’immeubles à fournir des informations à la police sur les locataires. Par ailleurs, les lois interdisant les rassemblements publics vont également être assouplies.
Pression internationale
Bien qu’au niveau international, la libération du journaliste Tissainayagam a été accueillie très positivement, le ministre Peiris a précisé que cette décision ne devait pas être interprétée comme une faveur pour les pays occidentaux. Il explique que le gouvernement a simplement jugé qu’il n’était plus nécessaire d'appliquer ces règles strictes depuis le retour du calme dans le pays.
Le gouvernement du Sri Lanka cède très peu face à la pression internationale même en cas de sanctions économiques à la clé. Néanmoins, ce développement politique actuel serait quand même une conséquence des pressions politiques et diplomatiques. Ainsi, le Président Rajapaksa a annoncé qu'une commission d’enquête examinera si des crimes ont été commis dans la lutte contre les rebelles tamouls. Le gouvernement semble répondre aux demandes de la communauté internationale qui a cependant insisté pour qu’une telle enquête soit menée par l'ONU.
Selon le gouvernement sri-lankais, la communauté internationale ne doit pas s'inquiéter. Le calme est de retour et le Président Rajapaksa continuera à normaliser la situation durant son second mandat. "La libération de Jayaprakash Tissainayagam montre que le nouveau gouvernement du Président Rajapaksa accorde de l’importance aux droits civils", a déclaré le ministre Peiris.