ISRAEL-PALESTINE: "Dexia continue de financer l'occupation israélienne"
David Cronin BRUXELLES, 13 avril (IPS) - Bien que l’année passée, la banque belgo-française Dexia avait assuré ne
plus accorder de nouveaux prêts pour financer la construction de nouvelles
colonies juives dans les territoires occupés, Dexia continue de le faire,
estiment des militants de l'organisation Intal. Ces militants ont prévu de
protester lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires qui se
tiendra le mois prochain.
En mai dernier, Dexia avait promis de ne plus prêter de l’argent aux
colonies juives en Cisjordanie. Mais pour certains militants, la banque n’en
fait pas assez. Ces militants sont colère parce qu'un certain nombre de
prêts antérieurs, qui ont encore cours jusqu'en 2017, n’ont pas été annulés
par la banque. "Nous demandons à Dexia de rompre tous ses liens avec
l'occupation", a déclaré Mario Franssen de l'organisation Intal. "C’est à
eux de savoir comment il convient de faire. Nous ne demandons pas à Dexia de
boycotter Israël, mais de prendre la seule solution envisageable à ce stade
à savoir que Dexia quitte ce pays".
La participation de Dexia à l’occupation israélienne s'est fait connaître en
octobre 2008, à l’époque où justement les gouvernements de la Belgique, de
la France et du Luxembourg tentaient de trouver un accord pour sauver la
banque de l'effondrement. Des déclarations de Dexia au Parlement israélien,
il est apparu que la banque a offert des prêts bancaires à sept colonies
israéliennes ainsi que trois institutions régionales en Cisjordanie entre
2003 et 2007.
Jérusalem non occupé ?
L’organisation Intal est aussi en colère à propos des commentaires faits par
l'ancien Premier ministre belge Jean-Luc Dehaene qui est actuellement
Président de Dexia. Dehaene a admis que Dexia avait accordé en 2009 cinq
millions d'euros aux colonies mais il a souligné que les prêts à destination
de Jérusalem n’avait été pas pris en compte parce que "Dexia ne considère
pas Jerusalem comme un territoire occupé".
Selon Shir Hever, un économiste au Centre israélo-palestinien pour
l’information alternative, estime que les déclarations de Dehaene à propos
de Jérusalem sont "une violation flagrante du droit européen et reflète même
un point-de-vue encore plus à droite que celui des Etats-Unis".
Ces propos sont également en contradiction avec plusieurs résolutions de
l'Organisation des Nations Unies. L'ONU refuse de reconnaître l'annexion en
1967 de Jérusalem-Est par Israël et refuse de reconnaître la proclamation de
Jérusalem comme capitale d'Israël en 1980. Les estimations combinées des
emprunts de Dexia pour Jérusalem et pour les colonies en Cisjordanie se
chiffreraient à 15 millions d'euros, selon Intal.