EGYPTE-ALGÉRIE-LIBYE: Kadhafi en médiateur dans le conflit footballistique égypto-algérien
Joren Gettemans BRUXELLES, 27 novembre (IPS) - Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi va jouer les médiateurs, à la demande de la Ligue arabe, dans le conflit footballistique qui oppose l’Egypte à l'Algérie. La tension entre les deux pays est à son comble depuis le dernier match de qualification, remporté par l’Algérie, pour la Coupe du Monde de Football.
L'Egypte et l'Algérie s'accusent mutuellement de n’avoir pas suffisamment assurés la protection des supporters face aux attaques de la partie adverse. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, a demandé à Kadhafi, actuel Président de l'Union africaine, de jouer les médiateurs entre les deux pays.
Amère rivalité
Les problèmes ont commencé lorsque le bus de l'équipe algérienne a été bombardé de pierre par des supporters égyptiens un peu avant un match officiel occasionnant la blessure de trois joueurs. L'Egypte avait remporté ce match 2-0 obligeant ainsi les deux pays à disputer un nouveau match sous haute tension dans la capitale soudanaise de Khartoum. Dans les jours suivant le match, remporté par l’Algérie, des succursales de sociétés égyptiennes en Algérie ont été attaquées et pillées.
Après le deuxième match à Khartoum, la presse égyptienne a rapporté que des supporters égyptiens ont été chassés des lieux à coups de machette. Les titres de journaux étaient très durs : "Attaques barbares contre les supporters égyptiens » et « les supporters algériens ont chassé les Egyptiens à coup de couteaux et machettes".
Selon la police soudanaise, seulement une poignée de supporters auraient été blessée, mais cela n’a pas empêché l’Egypte a rappelé son ambassadeur en poste en Algérie. Le Président égyptien Hosni Moubarak a déclaré que l'Egypte ne pouvait pas permettre une humiliation de ses citoyens à l'étranger.
Sauver la face
Selon Ibrahim Youssri, ancien ambassadeur égyptien en l'Algérie, le rôle de Kadhafi sera d’amener les dirigeants des deux pays à signer un compromis sans que l’une des deux parties puisse perdre la face. "Mais cela ne se produira pas très rapidement", précise le diplomate. "Ce processus peut prendre plusieurs semaines. Le calme revient généralement lentement. Les peuples des deux pays observent les événements avec tristesse. Les intellectuels en Egypte et en l'Algérie se sont déjà exprimés contre les événements qui dépassent toute logique".
(FIN/IPS/2009)